Une déclaration ne bloque pas sur ce qui est difficile. Elle bloque sur ce qui manque : l’attestation qui n’est jamais arrivée, l’acte notarié resté dans un tiroir, l’historique d’une plateforme qui n’existe plus.
Et si vous détenez des cryptomonnaies, prévoyez plus de temps que vous ne le croyez. Cet historique, personne ne le conserve pour vous : vous le reconstituez vous-même, plateforme par plateforme.
Vous trouverez ci-dessous la liste complète, par blocs, avec la provenance de chaque document.
La checklist en 10 points
- Identification et accès au portail électronique de l’AEAT
- Données personnelles et familiales
- Travail : attestations de retenues et de prestations
- Immobilier : logement, prêt, locations et ventes
- Revenus de capitaux mobiliers : comptes, actions, fonds et assurances
- Indépendants : recettes, dépenses et livres de comptes
- Cryptomonnaies : historique complet des plateformes et des wallets
- Déductions nationales et régionales
- Déclarations des exercices antérieurs
- IBAN d’un compte à votre nom
Avant de commencer : le calendrier de la Renta
Le schéma se répète chaque année : ouverture en ligne début avril, téléphone un mois plus tard, guichets le dernier mois et clôture fin juin. Ce qui change, ce sont les dates exactes, et l’AEAT les publie campagne par campagne dans le calendrier de la campagne de la Renta, sur le portail électronique. Ne prenez pas pour argent comptant les dates de l’an dernier.
Repères de la dernière campagne close (exercice 2025, déclaré en 2026). Ce ne sont pas les dates de la prochaine :
| Étape | Date de référence |
|---|---|
| Ouverture en ligne (Renta WEB, application et Renta DIRECTA) | 8 avril |
| Prise de rendez-vous pour l’assistance téléphonique | à partir du 29 avril |
| Assistance téléphonique (service Le Llamamos, « nous vous appelons ») | du 6 mai au 30 juin |
| Prise de rendez-vous pour l’accueil physique | à partir du 29 mai |
| Accueil physique en agence | du 1er au 30 juin |
| Fin de la prise de rendez-vous | 29 juin |
| Date limite de prélèvement automatique | 25 juin |
| Fin de la campagne | 30 juin |
| Prélèvement de la seconde échéance en cas de fractionnement | 5 novembre |
Deux règles qui, elles, ne bougent pas, selon l’arrêté ministériel de la campagne de référence :
- Si vous optez pour le prélèvement, votre date limite réelle avance de cinq jours par rapport à la fin de campagne. Si vous ne prélevez que la seconde échéance, vous pouvez déclarer jusqu’au dernier jour.
- Vous pouvez fractionner le paiement sans intérêts : 60 % au dépôt et 40 % début novembre. Cela exige de déclarer dans les délais et ne vaut pas pour les déclarations complémentaires. Si la date de la seconde échéance tombe un week-end, elle est reportée au premier jour ouvrable.
Si vous déclarez en retard et que l’AEAT ne vous a pas relancé avant, la majoration est de 1 % plus 1 % par mois complet de retard, sans intérêts ni sanction pendant les douze premiers mois ; au-delà, 15 % plus intérêts de retard (article 27 de la loi générale des impôts).
Vous avez opéré les années précédentes sans le déclarer ? Cela ne se règle pas en l’intégrant à la déclaration de cette année. On dépose une déclaration complémentaire pour l’exercice concerné, avec majoration mais sans sanction si vous devancez la mise en demeure. Dites-nous quelles années sont concernées avant de déposer quoi que ce soit.
La déclaration informative sur les monnaies virtuelles a son propre délai, différent de celui de la Renta et antérieur. Nous y revenons plus bas.
Identification et accès : la première chose que l’AEAT demande
- Certificat électronique ou DNIe (puce de la carte d’identité espagnole) — il vous identifie et signe sans limite sur tout le portail. Il est délivré par une autorité de certification agréée ; le DNIe, par la police.
- Cl@ve Móvil — l’alternative sans certificat installé. Avec Cl@ve, vous faites toutes les démarches sans numéro de référence. Inscrivez-vous à l’avance par vidéo-identification.
- Numéro de référence — la voie rapide si vous n’avez rien de ce qui précède. Il s’affiche à l’écran ou dans l’application, il n’arrive pas par SMS.
- Votre NIF et la donnée de contrôle — DNI ordinaire : date de validité. DNI permanent : date de délivrance. NIE : numéro de support de la carte.
- Déclaration de l’année précédente en PDF — c’est de là que vient le montant de la case qui clôt l’obtention du numéro de référence.
- IBAN d’un compte à votre nom — pour percevoir le remboursement ou domicilier le paiement. Vérifiez que vous en êtes toujours titulaire et qu’il n’est pas clôturé.
- NIF du conjoint et de tous les membres du foyer fiscal ayant des revenus — obligatoire pour accéder au projet de déclaration en imposition commune.
Le numéro de cette case change d’une campagne à l’autre. Fiez-vous à ce que demande l’écran officiel, pas à ce que vous avez lu l’an dernier. Si vous n’avez pas déclaré l’année précédente, on vous demandera les cinq derniers chiffres d’un IBAN dont vous avez été titulaire.
Téléchargez vos données fiscales, mais ne les traitez pas comme un point final. L’AEAT elle-même les décrit comme une « information partielle, ni exhaustive ni concluante ». Ce qui n’y figure pas peut tout de même vous appartenir, et doit tout de même être déclaré.
Données personnelles et familiales
- Situation de famille au 31 décembre — Renta WEB interroge votre situation à cette date, pas la date de l’événement.
- Acte de mariage intégral, ou jugement de divorce et convention — ils déterminent la forme du foyer fiscal et l’abattement pour imposition commune. État civil ou tribunal.
- NIF et date de naissance de chaque enfant — l’abattement pour descendants exige un âge inférieur à 25 ans, sans limite d’âge en cas de handicap égal ou supérieur à 33 %, et l’enfant ne doit pas avoir de revenus supérieurs à 8 000 € par an.
- Jugement ou convention fixant la garde — en garde alternée, l’abattement pour descendants est partagé à 50 %.
- NIF, âge et revenus de l’ascendant à charge — plus de 65 ans ou handicap de 33 %, vivant avec vous au moins la moitié de l’année et avec des revenus n’excédant pas 8 000 € par an.
- Certificat de taux de handicap — délivré par l’IMSERSO ou l’organisme de votre région. Une pension d’incapacité permanente totale, absolue ou de grande invalidité atteste déjà d’office les 33 %.
- Carte de famille nombreuse en cours de validité et sa catégorie — délivrée et renouvelée par votre communauté autonome. Vérifiez l’échéance.
- Jugement ou convention de prestation compensatoire ou de pension alimentaire, avec justificatifs de paiement et NIF du bénéficiaire — la prestation compensatoire réduit votre base imposable ; les pensions alimentaires suivent un traitement différent dans le calcul.
Commune ou séparée ? Renta WEB calcule les deux options et vous montre les deux résultats : l’imposition commune n’est intéressante que si l’un des deux gagne peu ou rien. Si vous détenez tous les deux des cryptos, envoyez les historiques séparément et précisez à qui appartient chaque compte : en imposition commune, les pertes de l’un compensent les gains de l’autre ; en imposition séparée, non. Un compte de plateforme est imposé au nom de son titulaire, même si l’argent venait du compte joint.
Si vous êtes salarié ou retraité
Presque tout cela parvient déjà à l’AEAT. L’attestation sert à recouper : si le projet de déclaration ne correspond pas à l’attestation, c’est l’attestation qui prime.
- Attestation de retenues, une par employeur — elle atteste les sommes perçues, les retenues et vos cotisations. Émise par chaque entreprise.
- Attestation d’impôt sur le revenu du SEPE — chômage, allocations et la part du chômage partiel versée par le SEPE. Sur le portail du SEPE.
- Attestation de retenues de la Sécurité sociale — pensions et prestations de l’INSS. Sur le portail de la Sécurité sociale.
- Lettre de licenciement, solde de tout compte détaillé et procès-verbal de conciliation ou jugement — ils délimitent la part exonérée de l’indemnité, plafonnée à 180 000 €.
- Reçus de cotisations syndicales et d’ordre professionnel — déductibles ; l’ordre uniquement si l’inscription est obligatoire pour votre métier, et jusqu’à 500 € par an.
- Factures d’avocat et d’avoué pour un litige avec votre employeur — défense juridique, déductible jusqu’à 300 € par an.
- Liste de tous vos employeurs avec le brut de chacun — pour savoir quel seuil d’obligation déclarative s’applique à vous.
Les cotisations et la défense juridique ne figurent pas dans le projet de déclaration. Si vous ne les saisissez pas, vous les perdez.
Attention si vous avez eu plus d’un employeur
Le seuil en dessous duquel vous n’êtes pas tenu de déclarer baisse dès qu’il y a plusieurs employeurs. Lors de la dernière campagne close : 22 000 € avec un seul employeur et 15 876 € lorsque la somme du deuxième et des suivants dépasse, en règle générale, 1 500 € par an. Ce sont des montants que l’AEAT confirme campagne après campagne, et il y a eu des exceptions ponctuelles au sein d’un même exercice : vérifiez ceux de l’année que vous déclarez.
Un chômage partiel, ce sont deux employeurs. Changer d’entreprise, percevoir le chômage ou un arrêt payé par l’INSS ou le FOGASA créent aussi un second employeur.
Et si vous avez vendu ou échangé des cryptos avec un gain, considérez que vous déclarez : ce gain ne fait l’objet d’aucune retenue et vous sort des cas d’exonération liés au salaire, si petit soit le montant.
Logement et biens immobiliers
Vous devez identifier chaque bien et savoir quel usage il a eu chaque jour de l’année.
- Référence cadastrale de chaque bien — elle figure sur l’avis d’IBI (taxe foncière) et sur le portail du cadastre. Celle des places de parking aussi.
- Avis d’IBI de l’année — c’est de là que sortent la valeur cadastrale et sa ventilation entre terrain et construction.
- Acte notarié ou extrait du registre foncier — date d’achat, prix et quote-part de propriété. Notaire ou registre de la propriété.
- Nombre de jours de chaque usage dans l’année (vacant, loué, prêté) — ils déterminent la répartition entre revenu imputé et revenu locatif.
- Attestation annuelle du prêt immobilier — capital amorti, intérêts et assurances liées. Votre banque.
- Bail, NIF du locataire et jours de location — la date de signature détermine l’abattement applicable au revenu locatif.
- Charges de la location — IBI, charges de copropriété, assurance, fluides que vous payez, réparations et défense juridique. Déductibles uniquement pour la période louée.
- Acte d’achat avec notaire, registre et impôts, et factures de mobilier — base de l’amortissement déductible : 3 % par an sur le plus élevé du coût d’acquisition et de la valeur cadastrale, hors terrain. Le mobilier loué s’amortit bien par bien, selon le coefficient du barème simplifié.
- En cas de vente : actes d’achat et de vente, factures de travaux d’amélioration, frais et impôts des deux opérations et amortissements pratiqués — c’est ce qui permet de calculer les valeurs d’acquisition et de cession. Les réparations ne s’ajoutent pas ; les améliorations, si.
- Acte de la nouvelle résidence principale en cas de remploi — l’exonération pour remploi exige de réinvestir sous deux ans et de la revendiquer dans la déclaration : elle ne s’applique pas toute seule.
Les biens urbains à votre disposition génèrent un revenu imputé sur la valeur cadastrale, sans déduction de charges ; la résidence principale n’impute rien. Le pourcentage dépend de la révision cadastrale ou non de votre commune : confirmez-le pour la campagne en cours. Et la déduction pour investissement dans la résidence principale a été supprimée le 1er janvier 2013 : elle ne survit que si vous avez acheté avant et l’appliquiez déjà. Conservez cette ancienne déclaration, c’est votre preuve.
Comptes, actions, fonds et assurances
Demandez une attestation annuelle à chaque établissement. Une par banque, courtier, société de gestion et assureur.
- Attestation d’intérêts sur comptes et dépôts — montant brut et retenue. Votre banque.
- Attestation de dividendes et de retenues — dividende brut et retenue. Banque ou courtier. Les frais d’administration et de conservation de titres négociables sont déductibles ; les frais de gestion discrétionnaire de portefeuille, non.
- Attestation d’achat-vente d’actions — date et valeur d’acquisition, date et valeur de cession, et commissions des deux opérations. Courtier ou dépositaire.
- Attestation de fonds et historique des transferts — les transferts entre fonds ne sont pas imposés et conservent valeur et date d’acquisition ; les ETF sont hors de ce régime. La société de gestion.
- Attestation de versements sur plans d’épargne retraite — en distinguant vos versements de ceux de l’entreprise. Société de gestion ou assureur.
- Attestation d’assurance-vie, contrats en unités de compte, PIAS et rentes viagères — rendement et retenue. Assureur.
- Attestation de bons du Trésor, obligations et titres — montants et dates d’acquisition et de remboursement ou de vente.
Ce que le projet de déclaration reprend correctement : intérêts, dividendes et retenues de l’année. Ce qui pèche : valeurs d’acquisition d’actions anciennes, transferts entre établissements, courtiers étrangers et bons du Trésor achetés en direct. Cela, c’est à vous de le saisir.
Si vous êtes indépendant
Cette partie couvre le cas simple : régime réel simplifié, sans salariés ni société. Si vous avez été affilié au RETA ne serait-ce qu’un mois, vous êtes tenu de déclarer quel que soit votre résultat.
- Livres de comptes de l’exercice complet — ventes et recettes, achats et dépenses, biens d’investissement. Depuis votre logiciel de facturation ou votre cabinet.
- Factures émises et reçues — un relevé bancaire n’est pas une facture.
- Les quatre Modelo 130 de l’année — les acomptes déjà versés se déduisent de votre impôt. Sur le portail de l’AEAT.
- Les quatre Modelo 303 et le Modelo 390 — pour que vos recettes et dépenses concordent avec ce que vous avez déclaré à la TVA.
- Modelo 111 et 190, plus 115 et 180 si vous louez un local — justificatif des retenues que vous avez pratiquées.
- Attestations de retenues de vos clients — ils sont tenus de vous les délivrer avant l’ouverture de la campagne de la Renta.
- Relevé des cotisations versées à la Sécurité sociale — bases et cotisations réellement versées. À demander sur Importass.
- Factures de fluides avec les mètres carrés du bureau — si votre logement est partiellement affecté à l’activité, vous déduisez 30 % de la proportion entre surface affectée et surface totale.
- Factures de repas avec vos données fiscales et le relevé de carte — restauration uniquement, payées par voie électronique et dans les limites des frais de bouche. En espèces, non.
- Fiches et factures des biens d’investissement — elles justifient vos amortissements.
La dépense difficilement justifiable du régime réel simplifié représente 5 % du résultat net positif, plafonnée à 2 000 € par an, et n’exige aucune facture.
Ce n’est plus le cas simple, consultez-nous : vous avez des salariés, vous utilisez aussi la voiture à titre personnel, vous avez reçu une régularisation de cotisations RETA, vous êtes au régime des modules ou vous avez dépassé 600 000 € de chiffre d’affaires l’année précédente.
Cryptomonnaies : les documents dont personne ne vous parle
Vos données fiscales ne comportent pas vos opérations en cryptomonnaies. Que vous validiez le projet de déclaration en deux clics sans y voir la moindre crypto ne signifie pas que vous n’avez rien à déclarer : ne pas obtenir le projet de déclaration ou les données fiscales ne vous dispense pas de l’obligation de déclarer.
Quelles opérations sont imposées et lesquelles ne le sont pas
| Opération | Comment elle est imposée | Sur quelle base |
|---|---|---|
| Vente de crypto contre euros | Plus ou moins-value : valeur de cession moins valeur d’acquisition, frais directement liés inclus | Base de l’épargne |
| Échange crypto contre crypto (y compris le passage en stablecoin) | Plus ou moins-value, retenue au plus élevé entre la valeur de marché de la monnaie cédée et celle reçue | Base de l’épargne |
| Payer un bien ou un service en crypto | Il y a cession et donc modification du patrimoine (art. 33.1 de la loi sur l’impôt sur le revenu) | Base de l’épargne |
| Transfert entre vos propres wallets ou plateformes | La composition de votre patrimoine ne change pas. Vous devez pouvoir le prouver | Sans objet |
| Staking, lending et rewards | La Direction générale des impôts les qualifie de revenus de capitaux mobiliers, à la valeur en euros du jour de la perception | Base de l’épargne |
| Airdrops et bounties | Doctrine administrative : plus-value ne découlant pas d’une cession. Aucune réponse contraignante publiée | Base générale |
| Minage | Il est qualifié d’activité économique, avec ses propres obligations d’immatriculation | Base générale |
La vente, l’échange et le critère FIFO figurent expressément dans le manuel pratique de l’impôt sur le revenu de l’AEAT. Les autres cas n’y sont pas développés et s’appuient sur des positions de la Direction générale des impôts : raison de plus pour les documenter opération par opération.
L’échange crypto contre crypto est l’erreur la plus coûteuse. Échanger du bitcoin contre de l’ether, ou n’importe quelle monnaie contre un stablecoin, génère une plus ou moins-value même si vous ne touchez pas un euro et ne sortez rien de la plateforme. Si vous avez fait cent échanges, vous avez cent opérations à calculer. Nous le développons dans comment déclarer les cryptomonnaies en Espagne.
Les NFT relèvent d’une casuistique propre et différente. Si vous en avez négocié, consultez un conseiller.
La checklist crypto
- Historique complet des opérations de toutes les plateformes — la base de tout calcul. Dans votre espace client : « Exporter l’historique », « Rapport fiscal » ou « Tax report ». En CSV natif, ni PDF ni captures d’écran.
- Historique des plateformes que vous n’utilisez plus ou qui ont fermé — l’obligation ne s’éteint pas parce que vous avez quitté la plateforme. Si le compte existe encore, connectez-vous et exportez ; si vous l’avez fermé, demandez au support ou à l’administrateur judiciaire. Le guide est ici : comment exporter l’historique de chaque plateforme.
- Adresses publiques de tous vos wallets en auto-conservation — xpub ou liste d’adresses. Elles permettent de reconstituer les mouvements on-chain. Nous l’expliquons dans le guide d’extraction de l’activité des wallets.
- Liste des réseaux sur lesquels vous avez opéré — Ethereum, BSC, Solana, Arbitrum et les autres. Chaque réseau a son explorateur et ses frais ; en oublier un, c’est perdre des opérations.
- Date, heure et contre-valeur en euros de chaque opération — l’AEAT calcule en euros, pas en dollars ni en USDT. Si votre plateforme exporte en USD, il vous faut le taux de change de cette date.
- Frais de chaque opération — trading, retrait et frais de gas. Ils s’ajoutent à la valeur d’acquisition ou se retranchent de la valeur de cession, et cela réduit votre gain.
- Solde de chaque monnaie au 31 décembre, sur chaque plateforme et dans chaque wallet — en unités et en euros, en notant la source de cotation utilisée. Sert pour le Modelo 721, pour l’impôt sur la fortune et pour recouper l’historique.
- Justificatifs des transferts entre vos propres wallets — hash de la transaction, adresse d’origine et de destination. Sans cela, un envoi de votre plateforme vers votre hardware wallet se lit comme une vente non déclarée.
- Justificatifs bancaires d’entrée et de sortie de la plateforme — ils montrent d’où venait l’argent avec lequel vous avez acheté.
- Détail du staking, des rewards, du lending, des airdrops et des paiements faits en crypto — date, quantité et valeur en euros du jour. Chacun est imposé différemment ; le détail dans comment sont imposés le staking et les rewards.
- Pertes d’exercices antérieurs restant à imputer — copie des déclarations antérieures ou détail des soldes. Si vous ne les déclarez pas, elles se périment.
- Origine des cryptos que vous n’avez pas achetées — si vous en avez hérité, votre valeur et votre date d’acquisition sont celles déclarées aux droits de succession : envoyez l’acte et cette liquidation. Si elles vous ont été données, la valeur vient des droits de donation, et le donateur a en plus une plus-value dans sa propre déclaration.
Si une plateforme a fermé et qu’il n’y a aucun moyen de récupérer l’historique, ne l’omettez pas et ne mettez pas une valeur d’acquisition nulle : vous obtiendriez un gain gonflé. Rassemblez ce que vous avez (mails de confirmation, relevés bancaires, hash des retraits) et prévenez-nous.
Pourquoi il vous faut l’historique complet, pas seulement celui de l’année
Quand vous vendez une partie d’une monnaie achetée à des moments différents, on considère que vous vendez d’abord celles achetées en premier : c’est le critère FIFO. Dans son manuel pratique, l’AEAT considère que les cryptomonnaies d’un même type sont des biens homogènes, et le critère s’applique à l’ensemble de vos avoirs, pas plateforme par plateforme : tous vos BTC forment un même groupe où qu’ils se trouvent.
C’est pourquoi, pour calculer la vente de cette année, il vous faut l’historique depuis votre premier achat, même s’il remonte à huit ans. Un CSV de 2017 peut encore être nécessaire dans dix ans. Nous l’expliquons en profondeur dans la méthode FIFO appliquée aux cryptomonnaies.
Pertes et compensation
S’il vous reste des moins-values après compensation avec vos plus-values, vous pouvez les imputer sur le solde positif des revenus de capitaux mobiliers, dans la limite de 25 % de ce solde, et réciproquement. Le solde négatif restant s’impute sur les quatre années suivantes. Nous le détaillons dans comment compenser les pertes en cryptomonnaies.
Si l’année est négative, déclarez quand même : la perte n’est reportée sur les quatre années suivantes que si vous l’incluez dans la déclaration de l’année où elle est survenue. Et attention : la faillite d’une plateforme ou une arnaque n’est pas une perte déductible automatique. Tant que la créance n’est pas juridiquement irrécouvrable, elle ne peut pas être prise en compte.
Le Modelo 721 et les autres obligations qui ne sont pas la Renta
| Formulaire | Qui le dépose | Seuil | Délai |
|---|---|---|---|
| 721 — monnaies virtuelles à l’étranger | Vous : titulaires, bénéficiaires, mandataires et bénéficiaires effectifs de cryptos conservées par un tiers | 50 000 € de soldes cumulés au 31 décembre | Du 1er janvier au 31 mars de l’année suivante |
| 172 — soldes en monnaies virtuelles | L’entreprise, pas vous : celui qui conserve des clés privées pour le compte de tiers | Sans seuil | Janvier de l’année suivante |
| 173 — opérations en monnaies virtuelles | L’entreprise, pas vous : plateformes et intermédiaires | Sans seuil | Janvier de l’année suivante |
| 714 — impôt sur la fortune | Vous, si vous dépassez les seuils | Impôt à payer, ou biens et droits au-dessus de 2 000 000 € | Le même que la Renta |
Sources : foire aux questions du Modelo 721 et délais de dépôt.
Que les plateformes déclarent ne vous dispense pas de déclarer. Et les années suivantes, vous ne devez redéposer le 721 que si le solde cumulé augmente de plus de 20 000 € par rapport à celui qui a motivé la dernière déclaration, avec une exception : il faut toujours le déposer pour les monnaies dont vous avez perdu la qualité de titulaire ou de mandataire au cours de l’exercice. Les détails dans le guide du Modelo 721.
Le seuil de 50 000 € est cumulé et se mesure au 31 décembre, pas au plus haut de l’année. Et son délai ne coïncide pas avec celui de la Renta : il est antérieur.
Ce que l’AEAT sait déjà de vos cryptos
Les prestataires espagnols déclarent vos soldes et vos opérations sans seuil minimum. Les orientations du plan annuel de contrôle fiscal et douanier 2026 annoncent des « actions de contrôle sur les contribuables qui, ayant opéré sur ce type d’actifs, n’ont pas déclaré de revenus ou de plus-values ». Traduction pratique : votre déclaration peut être recoupée avec des données déjà en leur possession. Nous le développons dans l’AEAT a-t-elle détecté mes opérations sur Binance ?.
Si vous recevez une proposition de redressement ou une mise en demeure, le délai de réponse est court. Ne répondez pas et ne signez aucune acceptation sans nous la montrer : envoyez-nous le PDF complet avec le numéro de dossier et la date de notification.
Documents pour ne pas perdre de déductions
- Reçu de don délivré par l’organisme — le seul justificatif valable. Il doit comporter le NIF des deux parties, la mention de la loi 49/2002, la date, le montant et le caractère irrévocable. Additionnez les deux années précédentes : la récurrence augmente le pourcentage.
- Attestation annuelle de cotisations à un parti politique — déduction de 20 %, avec une base maximale de 600 € par an.
- Bail antérieur au 1er janvier 2015 — la déduction nationale pour location ne survit qu’en régime transitoire pour les baux antérieurs à cette date. Conservez les quittances et le NIF du bailleur.
- Factures de crèche agréée — la majoration pour frais de garde va jusqu’à 1 000 € supplémentaires par an. Vérifiez que le Modelo 233 figure dans vos données fiscales ; c’est la crèche qui le dépose.
- Les deux diagnostics de performance énergétique, avant et après les travaux — plus factures et justificatifs de paiement bancaire : les espèces n’ouvrent aucun droit à déduction.
- Facture du véhicule électrique et carte grise, ou facture de la borne de recharge — déduction de 15 %, sans paiements en espèces. Ajoutez la décision d’attribution de l’aide MOVES : ce qui est subventionné se retranche de la base.
- Attestation de versements au plan d’épargne retraite du conjoint — abattement supplémentaire jusqu’à 1 000 € par an si le conjoint n’atteint pas 8 000 € de revenus nets.
Déductions régionales
Avant la région, tranchez le pays : vous êtes résident fiscal en Espagne si vous y passez plus de 183 jours ou si votre centre d’intérêts économiques s’y trouve, et vous déclarez alors aussi ce qui est à l’étranger, cryptos comprises. Si vous êtes parti ou arrivé en cours d’année, ou si vous relevez du régime des impatriés, dites-le-nous avant d’envoyer quoi que ce soit : cela change tout l’impôt.
Les déductions régionales qui vous concernent sont celles de la communauté où se trouve votre résidence habituelle, et cette résidence se détermine par le lieu où vous avez passé le plus de jours dans l’année, pas par l’inscription à la mairie ni par le lieu de votre fiche de paie. Chaque communauté modifie les siennes chaque année, aussi ne donnons-nous pas de montants ici : consultez le guide des déductions régionales de l’AEAT de l’exercice que vous déclarez.
Conservez toujours, que cela serve cette année ou non : attestation de domicile avec dates, bail avec le justificatif du dépôt de garantie, factures nominatives d’école ou de fournitures scolaires, livret de famille et certificats de handicap ou de dépendance.
Erreurs fréquentes qui coûtent cher
- N’exporter que le CSV de la dernière année. Sans les achats d’origine, il n’y a pas de valeur d’acquisition, et le gain est calculé sur la quasi-totalité du montant de la vente.
- Oublier un wallet, un ancien compte ou une plateforme fermée. Cela rompt la chaîne FIFO et fausse tout le calcul.
- Envoyer des captures d’écran au lieu de fichiers. Elles ne sont pas exploitables : pas d’horodatage fiable, pas de frais, pas de paires.
- Filtrer soi-même ce qui « n’est pas une vente ». Échanges, staking, airdrops et frais de réseau ont chacun leur traitement ; les retirer, c’est amputer la déclaration de moitié.
- Ne pas fournir l’attestation de retenues du second employeur. Elle change votre obligation de déclarer et le résultat.
- Confondre un transfert de fonds avec un rachat. Déclarer un transfert comme une vente, c’est payer trop ; l’inverse vous vaut une déclaration parallèle.
- Ne pas signaler les pertes reportables. Elles se périment, et l’économie avec elles.
- Payer en espèces ce qui exige un moyen bancaire. Performance énergétique et borne de recharge perdent la déduction même avec la facture.
- Envoyer des fichiers sans dire à qui ils appartiennent. Un « attestation.pdf » au sein d’un foyer fiscal impose un nouvel échange de mails.
- Croire que le projet de déclaration contient déjà tout. Il ne contient ni vos cryptos, ni vos déductions régionales, ni votre situation familiale de l’année.
Comment nous l’envoyer
Envoyez-le dans un seul ZIP : un dossier par personne et un fichier par plateforme, nommé NOM_PLATEFORME_ANNEE.csv. CSV natif tel que la plateforme vous le fournit : l’ouvrir et l’enregistrer dans Excel casse les dates et les décimales. Au-delà de 25 Mo, déposez-le sur un lien de téléchargement et transmettez-nous le lien.
Conservez chaque justificatif tant que l’AEAT peut contrôler cet exercice ; vérifiez le délai de prescription en vigueur avant de jeter quoi que ce soit. Avec les cryptomonnaies, la règle est différente : l’historique se conserve depuis la première acquisition, parce que le FIFO oblige à traîner la valeur d’achat d’origine jusqu’au jour où vous vendez ces monnaies.
Questions fréquentes
Dois-je déclarer les cryptomonnaies si je n’ai rien vendu ?
Si vous avez seulement acheté et conservé, il n’y a pas de plus-value à déclarer. Mais les échanges crypto-crypto sont bien des cessions même sans passer par l’euro, et le staking ou les airdrops génèrent un revenu même sans vente. De plus, vos soldes au 31 décembre peuvent vous obliger au Modelo 721 ou à l’impôt sur la fortune.
Quels documents la plateforme doit-elle me fournir ?
L’historique complet des opérations depuis le premier jour, en CSV, et le rapport fiscal si elle en génère un. Il vous faut la date, le type d’opération, la quantité, la contre-valeur en euros et les frais de chaque ligne, plus le solde de chaque monnaie au 31 décembre. Le rapport de la plateforme ne suffit pas à lui seul : il ignore vos opérations sur les autres plateformes.
Comment déclarer si j’ai échangé du bitcoin contre une autre crypto sans passer par l’euro ?
Comme une plus ou moins-value dans la base de l’épargne, valorisée au plus élevé entre la valeur de marché de la monnaie que vous cédez et celle que vous recevez. Ne pas avoir encaissé d’euros n’y change rien.
Que se passe-t-il si l’AEAT sait déjà que j’ai des cryptos et que je ne les déclare pas ?
Les plateformes espagnoles déclarent vos soldes et vos opérations sans seuil minimum, et le plan annuel de contrôle fiscal 2026 annonce des actions spécifiques envers ceux qui ont opéré sans déclarer. Le plus courant est de recevoir une proposition de redressement ou une mise en demeure. Il revient moins cher de bien déclarer que de répondre ensuite.
Les données fiscales de l’AEAT contiennent-elles déjà tout ?
Non. L’AEAT les définit comme une information partielle et non exhaustive, et ne pas les obtenir ne vous dispense pas de déclarer. Vérifiez le projet de déclaration et modifiez-le s’il manque des données : les cryptomonnaies, en particulier, n’y figurent pas.
Et si j’ai des opérations d’années antérieures non déclarées ?
Elles se régularisent par une déclaration complémentaire pour chaque exercice concerné, pas en les intégrant à la déclaration de cette année. Si vous devancez la mise en demeure, il y a majoration mais pas de sanction. À lire dans comment régulariser des cryptos des années antérieures.
Si vous préférez ne pas le faire seul
Chez CryptoImpuestos, nous préparons le rapport de plus et moins-values selon le critère FIFO en unifiant toutes vos plateformes et wallets, le Modelo 721 et la partie crypto du Modelo 100, et nous répondons aux demandes de l’AEAT. Vous pouvez voir le détail sur notre service de déclaration crypto ou nous écrire sur WhatsApp avec votre cas précis.
Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé.
Víctor Lázaro
Conseiller fiscal, Cryptoimpuestos.es